Un jour, je sais, je rencontrerai un cycliste. C'est ainsi, pas autrement. C'est ce qu'on m'a dit, là-bas, au départ. "Rencontre d'abord un cycliste et après on verra." Je marche depuis. Je vais toujours tout droit espérant chaque instant cette rencontre. Peut-être là, d'ici une heure, peut-être demain sur le chemin. Ou un autre jour. Bientôt, j'espère. Histoire d'avoir le droit. D'obtenir permission. Toutes ces promesses que l'on m'a faites. J'avance à longueur de journée ne variant pas d'un pouce, ni d'allure ni de but. Regardant alentour au cas où. Un cycliste quelque part par là. Venant à ma rencontre. Un cycliste. Pas trop précisé, ceux du départ. Peut-être un gamin à vélo, faisant des cercles, de plus en plus courts ou de plus en plus larges. Sans jamais tomber.
J'avance. Je vais d'un bon pas. Je dois rencontrer un cycliste. C'est par là que je vais. Tout droit. Rien d'autre prévu. Je sais que ça viendra. C'est pour cela que je marche. Il faut que cela vienne. Ecrit comme ça tout au début. Marchons encore.